Même si une telle question - quelque
peu dérangeante - ne saurait faire l'objet d'une réponse univoque, elle
mérite néanmoins d'être posée, ce que nous n'avons pas manqué de souligner
ces derniers mois.Toujours est-il que ce débat progresse vite et sans doute
faut-il y voir une conséquence directe de la récente explosion des cours des
céréales et oléagineux. Mais ce qui est assez fascinant c'est que la remise
en cause des biocarburants est aujourd'hui relayée du sein même des
institutions européennes.
Rappelons en effet que la Commission de Bruxelles a fixé des objectifs
ambitieux en la matière : elle devrait d'ailleurs, et ce n'est pas incident,
entériner cette semaine l'objectif de 10 % de la part des biocarburants dans
la consommation totale des véhicules terrestres à l'horizon 2020. Un tel
objectif est par ailleurs intimement lié a la politique volontariste de
réduction des émissions de gaz à effet de serre, lesquelles «devraient»
baisser de 20 % a l'horizon 2020.
Toujours est-il que, selon un rapport interne de la Commission de Bruxelles,
«les inconvénients des biocarburants l'emporteront de manière quasi certaine
sur leurs avantages»...
L'étude conclut en effet que l'on ne peut affirmer que l'objectif
susmentionné des 10 % permettra de réduire les émissions de gaz à effet de
serre et ceci alors même que les biocarburants posent de nombreux problèmes
:
Cannibalisation de la production alimentaire
Déforestation, notamment en Asie du Sud-Est
Coût élevé pour les dépenses publiques (jusqu'à 65 milliards d'euros à
l'horizon 2020 pour l'Europe des 27 d'ici 2020).
Ces arguments sont connus depuis longtemps mais probablement trouvent-ils
aujourd'hui davantage d'écho à l'heure où des émeutes de la faim - à
l'ancienne... - commencent à éclater de part et d'autre de la planète.
Manger ou conduire... En Indonésie ou ailleurs, le choix est vite fait !